Saïd Oujibou, avec toute son équipe, dont sa femme, a réussi son pari de garder pour toutes ces rencontres, qui se sont déroulées du 25/05 au 28/05, un esprit d’ouverture vers les musulmans, et un esprit oeucuménique envers les chrétiens de toute obédience.

En gros, comme il le dit à la journaliste du Monde, l’enjeu est de tenter de sortir les néochrétiens venus de l’islam, du ghettodans lequel on voudrait les enfermer ; ce faisant le but final est de leur donner une visibilité nécessaire et voulue par le Christ:  “on ne met pas une lampe sous le boisseau” st Marc 4,21.

Le journal le Monde (1) en parle (repris par Boursorama), mais c’est surtout Actu chrétienne qui est le plus complet dans tout ce qui s’y est passé…

De ce point de vue les tables rondes qui ont permis pour la première à des convertis de l’islam de faire face à des représentants musulmans, et de se parler, est à considérer comme un tournant dans le dialogue islamo-chrétien. POURQUOI ?

Parce qu’il est manifeste que les chrétiens qui sont missionnés pour ce dialogue, soit officiellement, soit l’ont décidé de leur propre chef, le mènent, notamment chez les catholiques, de telle sorte :

– qu’ils ne défendent pas leurs frères menacés en tant qu’apostats, ou persécutés en tant que “dhimmis”;

– qu’ils préfèrent discuter des torts causés par le colionalisme, les croisades et autre reconquista;

– que, pendant que leurs frères fuient leur terre ancestrale, poussés à l’exil, ils discutent du sexe des anges entre eux, et partagent des loukoums avec leurs protagonistes musulmans;

– que, tandis que l’islam fait du prosélytisme chez les pauvres jeunes désorientés, de culture chrétienne, dans les banlieues françaises, qu’il est interdit à ses adeptes de lire la Bible, les chers dialoguistes chrétiens de France et de Navarre font des ronds de jambes avec leurs vis à vis musulmans;

– qu’alors que toute réciprocité est exclue pour les défenseurs de l’islam pur et dur, comme d’afficher son appartenance chrétienne en pays musulman, comme de posséder un lieu de culte ou de porter sur soi une croix en Arabie Saoudite, les responsables chrétiens du dialogue évitent soigneusement d’en parler avec leurs amis musulmans, pour ne pas les offenser!

Ce temps des gâteaux orientaux et du thé à la menthe va prendre fin, car les musulmans se lasseront des idiots utiles avec qui la discussion est un palabre africain, sans lendemain. Tandis qu’ils seront bien obligés de dialoguer en vérité avec les chrétiens Arabes et les convertis qu’ils stigmatisent du terme d’apostats.

Le signe de ce changement vient d’un homme courageux, l’imam Chelghoumi qui interpelle tous les responsables religieux de France, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans en ces termes:

 “POURQUOI NE PAS AVOIR REAGI LORSQUE J’AI ETE MENACE?”

Ecouter son intervention

D’ailleurs c’est ce que j’ai compris en 2011 sur Radio Notre-Dame, lorsque nous fûmes invités à une émission sans nous avertir que M. Dalil Boubaker serait là.

J’ai trouvé cette rencontre pour ma part bénéfique car elle fut l’occasion de lui faire dire ce qu’il pensait des musulmans qui quittaient l’islam. Même s’il use de la taqia comme l’autorisent les textes islamiques, nous avons simplement à souhaiter deux choses:

1- que publiquement les représentants de l’islam en France, reconnus par les pouvoirs publics, se prononcent et s’engagent sur le respect de la liberté religieuse et de la liberté de consience.

2- qu’ils reconnaissent que le jugement revient à Dieu au final et que les textes islamiques sont rendus caduques de fait puisque les musulmans qui se convertissent prennent leur responsabilité en connaissance de cause et face à Dieu qui est le seul juge.

(1) article du monde du 26/05/12, de Stéphanie Le Bars, (voir en 2ème page), dans lequel DECLARE LE PRESIDENT DU cfcm, MOHAMMED MOUSSAOUI:

 “J’ai toujours dit que changer de religion relevait de la liberté individuelle, même si en islam l’apostasie demeure un péché.” Et, ajoute-t-il, “seul Dieu est juge, et les musulmans n’ont pas à reprocher quoi que ce soit à ceux qui font ce choix”.