Dans l’office des ténèbres du samedi 3 avril 2021, il y a le psaume 4 qui retient l’attention d’un lecteur attentif, avec le verset 3, qui dit quelque chose de la génération humaine actuelle :

« Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée ? Jusques à quand aimerez-vous la vanité, chercherez-vous le mensonge ? » (1) Comme nous savons l’expression « Fils de l’homme », vient de l’Ancien Testament, notamment du prophète Daniel (7:13). Ici l’expression est au pluriel, et Jésus, nous le savons aussi, la reprend pour son compte, puisqu’elle le concerne très précisément et prophétiquement parlant.

Venons en à ce questionnement légitime : se demander si Dieu a un problème avec l’homme, sa créature, est presque incongru, tant il est vrai que c’est plutôt le contraire. En effet n’est-ce pas l’homme qui regimbe contre son Créateur ? Nous sommes là en face d’un père dont le fils est en rebellion constante, quasi permanente, ingrat et sans reconnaissance. L’histoire du peuple hébreu, « à la nuque raide », que reprend l’Eternel, que corrige son Seigneur, l’illustre amplement. Il lui envoie ses serviteurs les prophètes jusqu’au dernier d’entre eux, Jean Baptiste, qui appelle les Juifs de son temps à la repentance : « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. » Luc 3:9

Et puis, finalement, Dieu Lui-même vient en personne et comme le dit la parabole des vignerons homicides,  « le maître de la vigne dit : Que ferai-je ? J’enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être auront-ils pour lui du respectmais ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. » Luc 20:14

Après qu’une grande majorité du peuple juif ait rejeté le Seigneur de l’univers venu le visiter dans la chair, nous constatons aujourd’hui que c’est la grande majorité des peuples anciennement chrétiens qui Le rejettent. Nous sommes face à l’apostasie annoncée par saint Paul : « Car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant » 2Thes. 2:3. Débarrassés de Dieu, tous ceux qui détiennent le pouvoir temporel, d’une manière ou d’une autre, semblent s’être mis d’accord, pour remodeler la société humaine selon leurs désirs, allant jusqu’à vouloir modifier les structures physiques par des manipulations génétiques et par l’intelligence artificielle. Déjà la volonté de beaucoup est de transformer les comportements humains pour que la planète soit mieux respectée, selon eux, et que Dieu soit écarté de sa création. En conséquence, continue st Paul au verset 11 du même chapitre : « Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, ».

Nous vivons bien dans cette ère eschatologique décrite par l’apôtre des Gentils avec quatre étapes ou phases (2Thes. 2:1-12) :

1car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant,… notons l’expression « il faut« (2)

2…[ensuite] il faut seulement que celui qui retient encore [l’Impie] ait disparu. La même expression « il faut«  (3)

3Et alors paraîtra l’impie …l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu.

4que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement.

Les deux premières phases dépendent des hommes. La troisième, une fois les deux premières advenues, nous fera entrer dans la phase où le mal culminera et obligera l’Antéchrist à se manifester. Ce sera l’ère des deux bêtes de l’Apocalypse. Et le Christ n’interviendra qu’une fois le mal aura atteint son paroxysme.

Mais la situation que décrit saint Paul n’est pas celle du Jugement dernier, c’est celle qui la précède. En effet il dit ailleurs (1 Corinth. 15:24-28) :  » …quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »

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(1) En latin : Filii hominum usquequo gravi corde ut quid diligitis vanitatem et quaeritis mendacium; et en hébreu : בְּנֵי אִישׁ, עַד-מֶה כְבוֹדִי לִכְלִמָּה–תֶּאֱהָבוּן רִיק; תְּבַקְשׁוּ כָזָב סֶלָה.  Remarquons les deux termes que l’Eternel reproche à l’homme : « vanité » et « mensonge ». Le vaniteux, ou l’orgueilleux, ment aux autres et se ment à lui-même, en sachant qu’il ne peut tromper Dieu, mais en feignant de L’ignorer.

(2) Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, (1 Timothée 4:1)

(3) Il nous semble qu’il s’agit du Magistère de l’Église, comme l’ont suggéré certains commentateurs, le seul qui existait du temps de Paul, et qui est existe toujours aujourd’hui, bien que malmené et de plus en plus branlant dans la foi. Cette hypothèse semble se vérifier encore mieux en ce 21ème siècle, pourquoi ? Parce que la personne du premier pape (Pierre) ayant reçu la promesse du Seigneur : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Mt 16 :18) La promesse est donc faite à tous les successeurs de Pierre, jusqu’à ce que l’un d’eux « S’ECARTAT » et disparaisse, de sa propre volonté, permettant l’apparition de l’impie, selon le nom que lui donne st Paul ; ou l’Antéchrist, comme le nomme st Jean ; ou …l’abomination de la désolation, dont parle Jésus ( st Mat. 24:15).