La chronique (kiosque arabe) de ce lundi 06/02/12 de A.Halli est, comme souvent, très perspicace sur l’évolution du voisin de l’est, qui inquiète certains Algériens, mais qui donne de l’euphorie à d’autres, avec de vieux chevaux de retour…

 Alors est-ce que les jeux sont faits comme le pensent quelques uns parmi les plus pessimistes? Ou est-ce que c’est une étape inéluctable des pays musulmans de la région de vouloir réessayer, une fois de plus, l’islam politique (selon la formule outre-méditerranée), pour les sauver de l’avenir incertain et craint? Peut-être qu’enfin sera donnée l’occasion à des hommes épris de vérité et de justice d’apparaître sur la scène de l’histoire de l’Afrique du Nord? Difficile à croire! A moins que ce ne soit des femmes de la trempe de la Kahina…?

Nous avons bien une idée, mais les lecteurs diront que nous ne sommes pas objectifs…

Alors lisons une partie de la chronique de A. H., dont la totalité est ici: Le Soir d’Algérie

Toutefois, la Tunisie actuelle nous rappelle aussi notre période héroïque, celle où des femmes et des hommes élevaient la voix sans craintes et exprimaient leurs opinions en dépit des menaces de représailles. Sur ce point, c’est avec nostalgie, et une pointe d’envie qu’on regarde des femmes tunisiennes et arabes monter au créneau pour défendre leur liberté et celle des autres. Le 27 novembre dernier, l’universitaire Amel Grami publiait sur le site Al-Hiwar almoutamadine (Dialogue moderniste – www.ahewar.org/debat/nr.a sp), un article sur la violence postrévolutionnaire en Tunisie.

Le lendemain, et sans lien apparent avec l’article en question, des salafistes ont investi la Faculté des lettres de Manouba (banlieue nord-ouest de Tunis) où enseigne Amel Grami. Objectif déclaré de l’action : imposer les étudiantes en «niqab» dans les salles d’examens et interdire la mixité. La même revendication des barbus lors d’opérations similaires dans d’autres universités du pays. Contrainte de quitter la faculté, l’universitaire a été accompagnée jusqu’à sa voiture par une troupe d’étudiantes en niqab aux cris de «notre “niqab”, c’est notre chasteté, espèce de prostituée». Un étudiant barbu a même menacé de la violer, raconte encore Amel Grami en ajoutant : «Si c’est cela votre définition de la prostitution, alors je suis une prostituée.»

Ilhem Manaa, la Yéménite, va encore plus loin en remettant en cause la référence fondamentale des intégristes, à savoir les Hadiths. Elle estime que si le Prophète lui-même revenait, il ne se reconnaîtrait pas dans nombre de ces Hadiths, compilés deux cents ans après sa mort. «Et si malgré tout, il continuait à ne pas s’y reconnaître, les musulmans d’aujourd’hui le traiteraient d’apostat», affirme-t-elle dans une série d’articles sur Middle East Transparency.

Plus près de nous, l’écrivaine évoque le cas du livre de Brahim Fawzi La compilation de la Sunna, interdit dans certains pays arabes. «Pourquoi interdisent-ils un livre s’ils sont si confiants en eux-mêmes ? L’Église catholique agissait ainsi au moyen-âge, mais nous agissons de la même manière aujourd’hui, au XXIe siècle», écrit-elle.

Elle cite encore l’exemple du Soudanais Hassan Tourabi, pourtant intégriste jusqu’au bout des ongles, et qui a été excommunié par ses pairs. Simplement parce qu’il a osé dire que la femme pouvait prier côte à côte avec l’homme, et que certaines coutumes avaient fini par devenir sacrées à l’usage. «Oui, ils ont excommunié Tourabi, alors qu’il n’a pas renié Dieu ni son Prophète, mais ils l’ont excommunié parce qu’il remettait en question leur vision de l’Islam. Une vision qu’ils ont érigée en objet de culte. Ils n’adorent pas Dieu, mais cet objet», souligne Ilhem Manaa.

A. H.

================ En Algérie donc ============

Cette nième attaque contre les chrétiens autochtones:

Liberté du 4/02/12

L’intolérance frappe de nouveau

L’église de Ouargla attaquée

Par : Karim Kebir

L’intolérance a encore une fois frappé. Cette fois-ci à Ouargla, au sud du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de vingt-trois heures trente, au moins deux individus, âgés d’une trentaine d’années, se sont acharnés sur l’église de la ville, a appris Liberté hier auprès du président de l’église protestante d’Algérie, M. Mustapha Krim. Ces deux individus ont forcé le portail et ont vandalisé une croix en fer forgé, a raconté M. Krim. Le pasteur qui s’y trouvait avec sa famille a immédiatement appelé la police, a-t-il précisé. On ignore, pour l’heure, si les deux assaillants ont été identifiés ou retrouvés. “Je condamne cet acte lâche. C’est scandaleux”, dénonce Mustapha Krim. “C’est un lieu de culte reconnu. J’espère que ça va s’arrêter là. Les autorités sont appelées à assurer la sécurité de ces lieux”, dit-il. Selon le président de l’Église protestante d’Algérie, une plainte a été déposée auprès des autorités.